La puissance du chêne révélée par le feu
Réalisé en chêne, le vase Asama a été façonné puis transformé par la technique du yakisugi. Le bois a été brûlé en surface, puis travaillé pour révéler toute la richesse de son veinage. Les cernes apparaissent avec précision, dessinant une cartographie naturelle autour de l’ouverture centrale.
Le brûlage vient densifier la matière et accentuer les contrastes. Le noir profond dialogue avec des nuances plus chaudes, créant une surface vivante, presque minérale. Le chêne, essence dense et expressive, conserve ici toute sa force tout en étant maîtrisé dans une forme épurée.
Une sculpture marquée par la tension
La forme d’Asama évoque une masse contenue, presque tectonique. Une ouverture centrale vient percer le volume, tandis qu’une découpe nette sur le côté introduit une rupture franche dans la continuité du bois. Cette entaille crée un équilibre entre stabilité et déséquilibre, entre bloc et mouvement.
Les côtés ont été entièrement sculptés à la main, laissant apparaître un travail de texture plus brut. Ces stries verticales contrastent avec la douceur circulaire du dessus, renforçant la dualité de la pièce. L’objet semble à la fois stable et en transformation.
L’or comme ligne de réparation et de lumière
Une fissure naturelle traverse la pièce. Elle n’a pas été masquée, mais soulignée par une application de feuille d’or fin 23 carats. Ce geste transforme une fragilité en élément central de la composition.
Inspirée des philosophies wabi-sabi et du kintsugi, cette intervention met en valeur l’histoire du matériau. L’or capte la lumière et guide le regard vers le cœur de la pièce. Il ne s’agit pas d’un simple ornement, mais d’une lecture assumée de la matière : réparer, révéler, sublimer.
Un vase sculptural, entre objet et présence
Asama dépasse la fonction traditionnelle du vase. Son intérieur légèrement évidé permet d’accueillir des éléments, mais sa vocation première reste décorative. Il s’impose comme une sculpture à part entière, pensée pour dialoguer avec son environnement.
Posé sur une surface minérale, un bois brut ou un mobilier contemporain, il crée un point d’ancrage visuel fort. Sa silhouette basse et étendue capte la lumière, tandis que ses textures jouent avec les ombres.
Selon l’angle de vue, la perception change : tantôt objet massif, tantôt forme ouverte et respirante. Asama invite à ralentir le regard, à observer les détails, à ressentir la matière. C’est une pièce silencieuse mais expressive, conçue pour habiter l’espace avec justesse.









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