Le feu comme transformation
Koya est façonné dans le sapin, une essence vivante dont la fibre réagit intensément à la chaleur. La technique du yakisugi a été appliquée pour brûler la surface du bois, provoquant une carbonisation profonde qui révèle son relief naturel.
Sous l’effet du feu, certaines zones se sont craquelées, créant un réseau de fissures organiques. La matière s’ouvre, se fragmente, se densifie. Le noir obtenu est profond, presque minéral. Il absorbe la lumière et donne à l’objet une présence intense.
Le feu ne détruit pas : il transforme. Il révèle ce qui était invisible. Koya porte en elle cette métamorphose.
Craquelures et surface polie : un dialogue de textures
Une partie du vase a été volontairement laissée craquelée, brute, presque volcanique. L’autre a été polie, adoucie, révélant le veinage du sapin sous une surface plus lisse et satinée.
Ce contraste crée un dialogue tactile et visuel. D’un côté, la rugosité, l’irrégularité, l’imprévisible. De l’autre, la douceur, la maîtrise, la continuité. L’œil circule entre ces deux états de la matière.
Cette dualité donne à Koya une profondeur particulière. Elle incarne la rencontre entre nature et intervention humaine, entre spontanéité du feu et précision du geste.
La fissure dorée, axe lumineux
Une ligne dorée traverse la pièce de manière diagonale. Elle souligne une fissure naturelle du bois, révélée par le travail de sculpture puis sublimée par la peinture.
Ce geste fait écho à l’esprit du kintsugi : célébrer la fracture au lieu de la masquer. Ici, l’or ne répare pas. Il éclaire. Il transforme la faille en axe visuel, en ligne de force.
Sur la surface noire et mate, la dorure capte la lumière avec subtilité. Elle apporte chaleur et vibration. Elle guide le regard et structure la composition de la pièce.
Un vase sculptural, entre artefact et objet méditatif
Koya est un vase évidé. Son ouverture discrète lui permet d’accueillir quelques branches, des herbes séchées ou de rester volontairement vide. Même sans contenu, il existe pleinement.
Sa forme ovoïde évoque un galet, une graine, un fragment d’artefact ancien. Il pourrait être perçu comme un objet rituel, façonné par les éléments et retrouvé dans le temps.
Placée sur une console, une étagère ou un socle, la pièce dialogue avec son environnement. Selon l’éclairage, les craquelures projettent de fines ombres et la ligne dorée s’illumine. La surface polie reflète légèrement la lumière, créant un équilibre subtil.
Koya n’est pas simplement un vase en bois brûlé.
C’est une matière transformée, une fracture assumée, une lumière révélée.
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